De la montagne dans la mer qu’est la Corse, le cap se détache comme une excroissance effilée. Sorte de doigt pointé vers le nord, il semble défier la mer qui l’enserre, surveiller au loin les îles toscanes, dont Capraïa, l’île « aux chèvres », éphémère conquête des Corses au temps de Pascal Paoli.
Par sa silhouette directrice que ponctue, tel un point sur un i, l’îlot de la Giraglia, il oppose au relief du reste de l’île, invitant au repliement, le signe d’une quête d’autres horizons.
Défait, les cap-corsins ont été, dans le domaine de l’expatriation lointaine, des précurseurs. Familiers de la mer, à la différence des autres insulaires qui, au cours des âges, s’en défièrent par crainte des envahisseurs, ils alimentèrent un courant d’émigrants qui se porta dès le XVIème siècle vers les Antilles, principalement Porto Rico, et gagna au XIXème l’Argentine et le Venezuela.

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